Chers enfants

Ils ont pris « cher » cette année ! Question d’âge.
Toutes ces heures passées derrière leur écran à essayer de trouver la motivation. Rester connecté. Chambre, salle de bains, chambre, salon, chambre, cuisine, chambre, balcon, chambre. Ils se sont promenés dans l’appartement, un ordinateur boulet chevillé à leurs corps. Eteintes ou allumées, les caméras bleues s’étaient implantées dans leurs méninges du lundi au samedi matin. Les pauses ? 10 minutes max. Pour faire pipi,
ou fumer une cigarette. Qu’ils dorment ou qu’ils mangent, que la France soit confinée ou déconfinée, les caméras qu’ils ont appris à éduquer restèrent allumées. Parfois, en milieu d’après-midi des voix résonnaient dans le vide. Rester connecté. Les annonces de cours en demi-jauge resteront des annonces.

Soudain un lundi un miracle : une salle refuge apparaît : elle ouvre ses portes pour les étudiants exilés. Paf ! Le jeudi le refuge disparaît. Trop dangereux. Oh ! Demain cours en vrai ! Paf ! Le professeur a oublié de réserver la salle. Le corps universitaire s’est rendormi. Les portes de leurs chambres sont restées fermées, ils y resteront cloîtrés 10 mois.

Entre temps, il y aura eu des jours discours, des jours cas contact, des jours de deuil, des jours covidés, des jours fous rires, des jours de fêtes, des jours festins, des jours clandestins, des jours chagrins, et des jours lumineux.

Lui a obtenu ses deux licences, mention Bien en Géographie, Assez Bien en Histoire. Elle, termine sa première année Carrières Sociales avec 14,5 de moyenne.

Je suis extrêmement fière de mes enfants.